Hello les Makers, j’espère que vous allez bien !
Certaines marques de design ne se contentent pas de créer de beaux objets. Elles racontent une ville, une époque, une culture visuelle entière. Et c’est probablement ce qui rend G.O.D. si fascinant encore aujourd’hui.
Lorsque la marque apparaît à Hong Kong dans les années 90, Hong Kong est en pleine transformation. La ville évolue extrêmement vite, les quartiers changent, les immeubles anciens disparaissent progressivement et une partie du patrimoine populaire commence déjà à s’effacer au profit d’une modernisation massive.
Et c’est justement là que le travail des designers de Goods of Designer - G.O.D. devient particulièrement intéressant.
Plutôt que de chercher à reproduire les tendances internationales du design contemporain, ils vont choisir une autre direction : utiliser le patrimoine visuel du quotidien hongkongais comme matière créative. Mais ce qui est passionnant, c’est qu’ils ne travaillent pas le patrimoine comme un musée figé ou nostalgique. Ils le transforment en langage graphique vivant.
Les célèbres boîtes aux lettres métalliques des immeubles résidentiels deviennent des motifs iconiques. Les typographies des anciennes enseignes de rue sont réinterprétées dans des objets contemporains. Les détails architecturaux, les textures urbaines, les carreaux anciens ou encore certains objets populaires du quotidien deviennent des éléments de narration visuelle.
Et honnêtement, cela change complètement la manière de percevoir la ville.
Parce qu’à travers leurs créations, les designers de G.O.D. racontent un Hong Kong que les habitants eux-mêmes finissent parfois par ne plus voir. Ils redonnent de la valeur à des éléments ordinaires, populaires, parfois même considérés comme vieillissants ou sans intérêt esthétique.
Leur travail montre que le patrimoine ne se limite pas aux grands monuments historiques. Il existe aussi dans les détails du quotidien : une façade, une enseigne usée, une typographie, un emballage, un motif de carrelage ou une rangée de boîtes aux lettres.
Et finalement, c’est probablement ce qui rend leur approche si moderne encore aujourd’hui.
Car bien avant que l’on parle partout de storytelling de marque, de design émotionnel ou d’identité locale, G.O.D. avait déjà compris qu’un objet devient beaucoup plus fort lorsqu’il porte une mémoire culturelle.
Ce qui me fascine également, c’est la manière dont la marque a évolué avec les années.
Au départ, le ton était souvent très ironique, très pop, presque provocateur. Les designers jouaient énormément avec les clichés hongkongais, la culture urbaine locale et les symboles populaires. On sentait une volonté forte d’affirmer une identité hongkongaise très singulière, à une période où la ville cherchait aussi sa place culturelle après la rétrocession.
Puis progressivement, le travail de G.O.D. est devenu plus patrimonial, presque plus émotionnel.
Avec la disparition progressive de certains quartiers historiques et la transformation accélérée de Hong Kong, leurs créations ont commencé à prendre une autre dimension. Elles ne racontaient plus uniquement une esthétique urbaine contemporaine. Elles devenaient aussi une forme de mémoire collective.
Et c’est probablement pour cela que leurs objets touchent autant de personnes.
Parce qu’ils parlent de transmission, d’attachement aux lieux, de mémoire visuelle et de ce que les villes perdent parfois lorsqu’elles se modernisent trop vite.
Aujourd’hui encore, lorsqu’on regarde le travail des designers de G.O.D., on réalise à quel point leur démarche était visionnaire. Bien avant l’explosion actuelle des tendances autour :
du patrimoine graphique,
du design local,
de la réutilisation culturelle,
de l’upcycling visuel,
ou encore du retour aux identités territoriales,
ils avaient déjà compris qu’une ville entière pouvait devenir une matière créative, et c'est ce qui leur a permis de devenir des objets haut de gamme..
Et honnêtement, je pense que cela influence encore énormément de designers contemporains.
Parce qu’au fond, leur travail pose une question très actuelle : comment continuer à créer du contemporain sans effacer complètement ce qui raconte l’histoire d’un lieu ?
Et je crois que G.O.D. répond à cette question d’une manière très simple mais extrêmement puissante : en transformant la mémoire du quotidien en récit créatif.
Connaissiez vous cette marque ?
Comment utilisez vous le patrimoine dans vos créations ?
A très vite !
Caroline

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