Hello les Makers, j’espère que vous allez bien !
Ces dernières années, j’ai l’impression que la sérigraphie et la risographie reviennent énormément dans les univers créatifs. On les voit partout : dans les affiches d’illustrateurs, les éditions indépendantes, les packagings, les marchés de créateurs, les petites marques, les ateliers DIY ou même len FabLab.
Et honnêtement, je comprends complètement pourquoi.
Parce que ces deux techniques ont quelque chose que les impressions numériques très parfaites n’ont pas toujours : de la matière, du relief, des accidents, de la personnalité.
Mais je remarque aussi que beaucoup de personnes confondent la sérigraphie et la risographie alors que ce sont finalement deux techniques très différentes.
La sérigraphie est probablement la plus artisanale des deux.
Le principe est assez simple : l’encre passe à travers un écran tendu sur un cadre, uniquement aux endroits où le motif doit apparaître. Chaque couleur est imprimée séparément, couche après couche. Cela demande donc plusieurs passages si le visuel comporte plusieurs couleurs.
Et c’est justement ce qui donne ce rendu si particulier.
En sérigraphie, l’encre est déposée en épaisseur sur le papier ou le textile. Les couleurs sont souvent très intenses, très opaques, avec un vrai côté “matière” que l’on sent parfois même au toucher. Il y a quelque chose d’assez vivant dans le résultat final. Les petits décalages entre les couches, les irrégularités ou les variations d’encre participent complètement au charme de la technique.
Je trouve d’ailleurs que la sérigraphie garde un lien très fort avec le geste manuel. Même quand elle est réalisée de façon professionnelle, on sent encore le côté atelier, fabrication, artisanat.
La risographie, elle, fonctionne très différemment.
Visuellement, certaines personnes les confondent parce qu’on retrouve parfois les mêmes couleurs vives et ce même charme un peu imparfait. Mais la risographie se rapproche davantage d’une impression automatisée, à mi-chemin entre la photocopieuse et l’impression artisanale.
Chaque couleur passe également séparément, mais le procédé est mécanique. La machine utilise des tambours de couleur et imprime couche par couche avec des encres très spécifiques, souvent très lumineuses.
Le rendu est immédiatement reconnaissable.
Les couleurs ont souvent un aspect fluorescent ou très vibrant, les superpositions créent de nouvelles teintes et les petits décalages d’impression font partie intégrante du résultat. Là encore, l’imperfection devient esthétique.
Mais contrairement à la sérigraphie, la risographie permet généralement d’imprimer plus rapidement et en plus grande quantité. C’est pour cela qu’on la retrouve énormément dans :
les fanzines,
les affiches,
les micro-éditions,
les flyers artistiques,
les illustrations indépendantes
ou les projets graphiques expérimentaux.
Je trouve aussi que les deux techniques racontent quelque chose de très actuel dans le monde créatif.
Pendant des années, on a cherché des impressions toujours plus lisses, plus nettes, plus parfaites. Aujourd’hui, beaucoup de créateurs reviennent au contraire vers des procédés qui laissent apparaître la matière, les textures et les petits défauts.
Et honnêtement… je pense que cela rejoint complètement le grand retour du fait-main que l’on voit partout aujourd’hui.
Le succès de la céramique peinte, du crochet, des affiches sérigraphiées, des objets artisanaux ou de la risographie raconte souvent la même chose : les gens ont envie d’objets qui semblent vivants.
Des objets qui montrent qu’ils ont été fabriqués.
Et je crois que c’est précisément pour cela que la sérigraphie et la risographie plaisent autant aujourd’hui. Elles ne cherchent pas à cacher leurs imperfections.
Au contraire, elles en font une partie du résultat final. Et vous, vous en pensez quoi ?
A très vite !
Caroline



























