Hello les Makers, j’espère que vous allez bien !
Je crois que la comparaison fait aujourd’hui partie de presque toutes les pratiques créatives.
Pas forcément de manière brutale ou consciente. Parfois, elle est beaucoup plus discrète. Elle apparaît au détour d’une vidéo, un atelier parfaitement rangé sur Instagram, d’un carnet créatif filmé sous une jolie lumière ou d’une personne qui semble maîtriser exactement le style qu’on aimerait avoir.
Et je me demande souvent : peut-on encore créer sans se comparer ?
Parce que nous évoluons dans une époque où nous voyons énormément de créativité. Peut-être même plus que jamais auparavant. Chaque jour, nous sommes exposés à des milliers d’illustrations, d’objets faits main, d’intérieurs, de DIY, de céramiques, de broderies, de palettes de couleurs, de moodboards et de créations soigneusement mises en scène.
L’inspiration est partout.
Et la comparaison vient souvent avec elle.
Le problème, c’est que la créativité est quelque chose de profondément personnel. Quand on crée, on ne montre pas seulement une compétence. On montre aussi des goûts, une sensibilité, une vision esthétique, parfois même une part émotionnelle de soi.
Alors forcément, regarder le travail des autres peut parfois devenir intimidant.
Je pense que beaucoup de personnes connaissent cette sensation : commencer un projet avec enthousiasme… puis ouvrir Instagram “juste pour chercher une idée” et avoir soudain l’impression que tout ce qu’on fait est moins beau, moins original ou moins abouti.
Et pourtant, ce qui est étrange, c’est que les réseaux sociaux donnent aussi énormément envie de créer.
C’est probablement là toute l’ambivalence de notre époque créative.
Nous n’avons jamais eu autant accès à l’inspiration, aux tutoriels, aux techniques ou aux univers créatifs du monde entier. Internet a démocratisé énormément de pratiques artistiques et artisanales. Des milliers de personnes ont commencé la couture, le crochet, la céramique, le dessin parce qu’elles ont découvert ces univers en ligne.
Les réseaux sociaux nourrissent véritablement la créativité.
Mais ils nourrissent aussi une forme de perfection visuelle permanente.
Parce que la plupart des contenus que nous voyons sont sélectionnés, cadrés, montés et montrés sous leur meilleur angle. Nous ne voyons pas les heures ratées, les essais abandonnés, les doutes ou les projets laissés en plan. Nous voyons surtout le résultat final.
Et cela modifie énormément notre perception de la création.
Je trouve d’ailleurs intéressant de voir à quel point certaines personnes n’osent plus commencer une activité créative parce qu’elles ont déjà vu des versions “parfaites” de cette pratique avant même d’essayer. Comme si l’inspiration devenait parfois paralysante.
Avant même de peindre une première toile, on a déjà vu des centaines d’artistes incroyablement talentueux. Avant de tenir un carnet créatif, on a déjà observé des journaux parfaitement composés. Avant de coudre un vêtement, on a déjà enregistré cinquante vidéos de créatrices expérimentées.
Et forcément, il devient difficile de créer de façon totalement innocente.
Je crois aussi que la comparaison est particulièrement forte dans les univers créatifs parce qu’ils touchent directement à l’identité. Nos goûts, nos couleurs préférées, nos objets, nos intérieurs ou nos créations deviennent des extensions visibles de notre personnalité.
On ne compare pas seulement des objets. On compare des sensibilités.
Et pourtant… je pense qu’il existe encore des moments où l’on crée sans comparaison.
Souvent, ce sont des moments très simples. Quand on oublie de prendre des photos. Quand on entre complètement dans une activité. Quand on expérimente quelque chose juste pour le plaisir. Quand on recommence sans chercher à montrer le résultat. Quand on fabrique quelque chose uniquement parce qu’on en avait envie.
Je crois que la création redevient plus libre lorsqu’elle cesse momentanément d’être observée.
Pas forcément parce qu’il faudrait quitter les réseaux sociaux ou arrêter de regarder ce que font les autres. Mais peut-être parce qu’il devient important de garder des espaces créatifs qui ne sont pas entièrement pensés pour être vus.
Parce qu’au fond, la créativité n’est pas censée être une compétition permanente.
Et je pense même que certaines des créations les plus touchantes naissent justement dans ces moments où l’on oublie un peu les tendances, les algorithmes, les likes et les références visuelles pour retrouver quelque chose de beaucoup plus instinctif.
Créer pour ressentir.
Créer pour expérimenter.
Créer pour jouer.
Créer simplement parce que cela fait du bien.
Et peut-être qu’aujourd’hui, réussir à préserver cet espace-là est déjà une forme de liberté créative.
Et vous, avez-vous parfois l’impression que les réseaux sociaux influencent votre façon de créer ?
À très vite !
Caroline


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