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DIY et lien intergénérationnel : quand la créativité rapproche les générations

10 mars 2025

Hello les Makers, j'espère que vous allez bien !

 

Lorsque l'on me demande d'où vient mon goût pour les loisirs créatifs, j'ai souvent du mal à répondre. Je pourrais parler de la couture, de la broderie ou de toutes les techniques que j'ai découvertes au fil des années. Je pourrais aussi évoquer les centaines de projets qui ont accompagné l'aventure de La Maison des Makers. Pourtant, lorsque je réfléchis à l'origine de cette passion, ce ne sont pas les objets qui me viennent en tête en premier.

Je pense surtout aux femmes de ma famille.

Je revois ma grand-mère qui tricotait des vêtements pour mes poupées. À l'époque, cela me semblait parfaitement normal. Les poupées avaient des pulls, des robes ou des gilets, comme si ces vêtements avaient toujours existé. Ce n'est qu'en grandissant que j'ai compris le temps que représentaient ces créations et l'attention qu'elles traduisaient. Chaque pièce était réalisée à la main, patiemment, simplement pour faire plaisir à une petite fille.

Je pense également à mon autre grand-mère et à sa passion pour le patchwork. Elle possédait des piles de tissus qui me semblaient immenses. Certains coupons étaient conservés depuis des années. D'autres provenaient d'anciens projets ou de vêtements devenus inutilisables. Rien ne semblait jamais perdu. Chaque morceau de tissu pouvait avoir une seconde vie et devenir un jour une couverture, un coussin ou un nouvel ouvrage.

 


 Et puis il y avait ma mère.

Je garde un souvenir très précis de ces moments où la machine à coudre sortait de son placard. Ce n'était jamais un geste anodin. Une fois la maison parfaitement rangée quelque chose se préparait. Un spectacle d'école, une fête de famille, un objet à fabriquer. La machine s'installait sur la table, les tissus apparaissaient et l'atmosphère de la maison changeait légèrement. Il y avait une forme d'excitation discrète, l'impression qu'un projet important était en train de naître.

Avec le recul, je me rends compte que personne ne cherchait réellement à me transmettre quoi que ce soit. On ne m'asseyait pas à côté de la machine pour m'expliquer les bases de la couture. On ne me donnait pas de leçon sur la créativité ou sur l'importance du fait-main. Pourtant, j'apprenais.

J'apprenais simplement en regardant.

Je découvrais qu'un objet n'était pas forcément quelque chose que l'on achetait. Je comprenais qu'une idée pouvait prendre forme grâce à un peu de temps, quelques outils et beaucoup de patience. Sans le savoir, j'intégrais l'idée que fabriquer était quelque chose de naturel.

  

 

 

Je crois que la plupart des transmissions fonctionnent ainsi. Elles sont rarement spectaculaires. Elles se glissent dans les détails du quotidien, dans les habitudes familiales, dans les gestes répétés pendant des années sans que personne ne leur accorde une attention particulière.

Pendant longtemps, les savoir-faire créatifs ont circulé de cette manière. On apprenait à tricoter parce qu'une grand-mère tricotait. On apprenait à cuisiner parce qu'on passait du temps dans la cuisine familiale. On apprenait à bricoler parce qu'un parent réparait les objets plutôt que de les remplacer.

Puis notre rapport aux objets a changé. Nous avons progressivement pris l'habitude d'acheter davantage et de fabriquer moins. Certains savoir-faire qui semblaient autrefois évidents ont commencé à disparaître de nombreuses familles. Pourtant, depuis quelques années, j'ai l'impression d'observer un mouvement inverse.

Le succès du crochet, de la couture, de la céramique ou du bricolage montre qu'il existe un véritable désir de renouer avec ces pratiques. Bien sûr, les tutoriels et les réseaux sociaux jouent aujourd'hui un rôle important dans cet apprentissage. Mais je reste convaincue que la transmission humaine conserve une place particulière.

Parce qu'elle ne transmet pas seulement une technique.

Elle transmet une histoire.

 

 

 

Lorsqu'une personne nous apprend à créer quelque chose, elle partage souvent une partie d'elle-même. Des souvenirs, des habitudes, une façon de voir le monde. Et c'est sans doute pour cela que certains gestes nous accompagnent toute notre vie. Ils deviennent des liens invisibles entre les générations.

Lorsque je regarde aujourd'hui les loisirs créatifs, je ne vois pas seulement des activités manuelles. J'y vois aussi un formidable moyen de créer du lien, de partager du temps ensemble et de transmettre bien plus qu'un savoir-faire.

Finalement, ce que mes grands-mères et ma mère m'ont légué n'est pas seulement une attirance pour les tissus, les pelotes ou les projets créatifs. Elles m'ont transmis une certaine façon d'aborder les choses, la conviction que l'on peut créer, réparer, transformer et imaginer.

Et lorsque je vois aujourd'hui de jeunes enfants découvrir la couture, le crochet ou le bricolage auprès de leurs parents et de leurs grands-parents, je me dis que ces transmissions ont encore de beaux jours devant elles.

Et vous, quel souvenir créatif vous relie encore aujourd'hui à votre famille ou à une personne qui a compté dans votre vie ?

A très vite !

Caroline


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