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Au-delà du DIY : pourquoi nous fabriquons bien plus des souvenirs que des objets

7 avr. 2025

Hello les Makers, j'espère que vous allez bien ! 

 

Il y a quelque temps, je suis tombée sur une discussion qui m'a fait réfléchir. Une personne racontait qu'elle avait retrouvé une vieille création réalisée lors d'un atelier créatif plusieurs années auparavant. L'objet était loin d'être parfait. Les finitions n'étaient pas extraordinaires, les couleurs n'étaient sans doute pas celles qu'elle choisirait aujourd'hui, et pourtant elle n'avait jamais réussi à s'en séparer.

Non pas parce que l'objet avait une grande valeur, mais parce qu'il lui rappelait exactement le moment où elle l'avait fabriqué.

Cette histoire m'est restée en tête parce qu'elle résume assez bien ce que j'observe depuis plusieurs années autour des loisirs créatifs.

Lorsque l'on parle de DIY, on imagine souvent le résultat final. Le vêtement cousu main, la broderie terminée, le carnet relié, la bougie parfumée ou la décoration installée dans le salon. Pourtant, j'ai l'impression que ce n'est pas vraiment pour cela que nous créons.

Ou plutôt que ce n'est plus uniquement pour cela.

 


 Bien sûr, il y a toujours la satisfaction de fabriquer quelque chose de ses mains. Dans un monde où presque tout peut être acheté en quelques clics, créer un objet de A à Z reste une expérience particulièrement gratifiante. Voir apparaître quelque chose qui n'existait pas quelques heures auparavant procure un sentiment difficile à décrire. On apprend, on expérimente, on se trompe, on recommence, puis on finit par tenir entre ses mains le résultat de son travail.

Mais lorsque les années passent, ce n'est pas forcément l'objet lui-même qui reste le plus important.

Ce qui demeure, ce sont souvent les souvenirs associés à sa fabrication.

Je crois que nous avons tous un objet comme celui-là chez nous. Une création que nous conservons alors qu'elle n'est ni la plus belle ni la plus utile. Peut-être un dessin réalisé pendant l'enfance, un premier ouvrage de couture, une décoration fabriquée avec ses enfants ou un projet terminé pendant des vacances d'été.

Lorsque nous le regardons, nous ne voyons pas seulement l'objet.

Nous revoyons l'époque. Nous nous souvenons de l'endroit où nous étions, des personnes qui nous entouraient, de la musique qui passait en fond ou de l'état d'esprit dans lequel nous nous trouvions ce jour-là. L'objet devient alors une sorte de capsule temporelle.

C'est d'ailleurs quelque chose que l'on retrouve bien au-delà des loisirs créatifs. Nous conservons des tickets de cinéma, des cartes postales, des coquillages ramassés sur une plage ou des petits souvenirs qui n'ont, en apparence, aucune valeur particulière. Pourtant, ils occupent parfois une place importante dans nos tiroirs ou sur nos étagères.

 

 

 

Et je me demande si ce n'est pas précisément ce que nous recherchons aujourd'hui lorsque nous participons à un atelier créatif ou lorsque nous décidons de nous lancer dans un nouveau projet DIY.

Nous vivons dans une époque où tout va très vite. Les photos s'accumulent par milliers dans nos téléphones. Les contenus défilent en permanence sur nos écrans. Les journées passent parfois sans que nous ayons réellement l'impression de les avoir vécues. À l'inverse, fabriquer quelque chose nous oblige à ralentir.

Pendant quelques heures, notre attention est entièrement tournée vers une seule activité. Nous sommes concentrés sur un geste, une matière, une technique. Le temps semble s'étirer différemment. Et c'est peut-être cette présence au moment qui rend ensuite le souvenir si fort.

Je pense aussi que c'est l'une des raisons pour lesquelles les ateliers créatifs connaissent un tel succès depuis quelques années. Bien sûr, les participants viennent pour apprendre, découvrir ou tester une nouvelle activité. Mais ils viennent également chercher autre chose : une expérience à vivre.

 

 

 

Finalement, lorsque l'on regarde l'histoire des loisirs créatifs, on réalise qu'ils ont toujours été bien plus qu'une simple manière de produire des objets. Ils ont accompagné des rencontres, des transmissions familiales, des après-midis entre amis, des vacances, des périodes de transition ou des moments de réconfort.

Les objets fabriqués ne sont souvent que la partie visible de cette histoire.

Ce que nous gardons réellement, ce sont les émotions qui leur sont attachées.

Alors peut-être qu'au fond, lorsque nous nous installons derrière une machine à coudre, que nous sortons nos pinceaux ou que nous commençons un nouveau projet créatif, nous ne sommes pas seulement en train de fabriquer un objet.

Nous sommes aussi en train de créer un souvenir que nous retrouverons peut-être, plusieurs années plus tard, au détour d'une étagère ou d'une boîte oubliée.

Et c'est sans doute ce qui rend le fait-main si précieux.


Avez vous déjà eu ce sentiment en fabricant des objets ? 

A très vite ! 
Caroline  

 

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