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Pourquoi les vidéos “clean girl” ont fatigué les univers créatifs

10 oct. 2025

 Hello les Makers, j’espère que vous allez bien !

 

Ces dernières années, il y a une esthétique qui a littéralement envahi nos écrans : la fameuse “clean girl aesthetic”.

Des intérieurs beige crème parfaitement rangés. Des bureaux minimalistes. Des tenues neutres impeccables. Des routines ultra lisses. Des vidéos où tout semble calme, lumineux, propre et parfaitement maîtrisé.

Au début, je crois que beaucoup de gens ont trouvé cela apaisant. Après des périodes très anxiogènes, voir des espaces harmonieux, des routines organisées ou des images épurées pouvait donner une sensation de contrôle et de douceur.

Mais j’ai aussi l’impression qu’au fil du temps… cette esthétique a commencé à fatiguer énormément de personnes créatives.

Parce qu’à force de vouloir tout rendre “clean”, beaucoup d’univers ont fini par se ressembler.

Les mêmes couleurs neutres. Les mêmes bougies. Les mêmes cuisines. Les mêmes carnets. Les mêmes pulls crème. Les mêmes vidéos lentes avec musique douce et latte matcha parfaitement aligné sur une table en bois clair.

Et surtout : une impression de perfection permanente.

Or, la créativité est rarement propre et parfaitement organisée.

 

 


 

Créer, c’est souvent accumuler des essais ratés, mélanger des couleurs improbables, laisser traîner du matériel, changer d’avis, recommencer, tester des choses un peu étranges. Les espaces créatifs réels sont vivants. Ils débordent parfois. Ils racontent des obsessions, des collections, des expérimentations.

La “clean girl aesthetic” a parfois donné l’impression inverse : celle d’une créativité devenue très contrôlée, très esthétique… mais aussi un peu aseptisée.

Je pense que beaucoup de personnes ressentent aujourd’hui une vraie fatigue face à ces contenus ultra calibrés. Parce qu’ils finissent par transformer la créativité en image à consommer plutôt qu’en expérience à vivre.

On ne crée plus pour expérimenter, mais pour produire quelque chose de “postable”.
On ne montre plus les étapes, les erreurs ou les moments de doute. On montre le résultat parfait.

Et forcément, cela peut devenir décourageant.

Quand tout ce qu’on voit semble parfaitement harmonieux, il devient difficile de se sentir légitime avec une table encombrée de peinture, un carnet maladroit ou un projet inachevé depuis six mois.

 

 


 

C’est probablement pour cela qu’on voit émerger aujourd’hui des univers beaucoup plus bruts, colorés et imparfaits. Le retour des matières texturées, des objets vintage, des carnets remplis de collages, des intérieurs maximalistes, du gribouillage, des couleurs fortes ou des créations volontairement irrégulières.

Comme une envie collective de remettre un peu de spontanéité dans nos vies créatives.

Je trouve ça intéressant de voir à quel point les tendances créatives racontent souvent nos états d’esprit collectifs. Pendant un moment, nous avions besoin d’ordre, de calme et de minimalisme. Aujourd’hui, j’ai plutôt l’impression qu’on cherche à retrouver de la personnalité. De la chaleur. Du désordre joyeux.

Parce qu’un univers créatif vivant n’est pas forcément parfaitement rangé ou photogénique. Mais il est souvent beaucoup plus inspirant.

Et vous, est-ce que vous ressentez aussi une fatigue face aux contenus trop “parfaits” ?

À très vite !
Caroline

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