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Droom.iris : quand la risographie se met à bouger

27 sept. 2026

 Hello les Makers, j'espère que vous allez bien !

 

Au premier regard, la feuille ressemble à une planche de travail oubliée près d’une imprimante. Des dizaines de petites cases y sont alignées avec une précision presque scolaire. Dans chacune d’elles, quelques formes roses, vertes ou orangées se déplacent légèrement. Une masse se déforme, des pétales traversent une grille, puis disparaissent quelques images plus loin. Il faut regarder la série dans l’ordre pour comprendre que ces petites compositions ne sont pas destinées à rester immobiles.

Elles formeront une animation.

C’est probablement l’aspect le plus surprenant du travail de Droom.iris : utiliser une machine associée aux affiches, aux fanzines et aux petites éditions pour fabriquer du mouvement. Au lieu de chercher à imiter numériquement la texture de la risographie, l’artiste imprime réellement certaines images, avec leurs superpositions d’encres, leurs légers décalages et leurs variations, avant de les faire revenir à l’écran.

Le procédé pourrait sembler compliqué pour un résultat qu’un logiciel serait capable de produire en quelques secondes. C’est précisément ce détour qui rend son travail intéressant. Chez Droom.iris, la riso n’est pas un filtre appliqué à la fin pour donner une apparence artisanale à une illustration. Elle intervient dans la construction même de l’image, impose ses couleurs, son rythme et ses accidents.

Elle oblige le numérique à repasser par le papier.

 

 


 

Une graphiste qui travaille entre plusieurs rythmes

Droom.iris est le pseudonyme d’Iris van Velzen, graphiste, artiste visuelle et DJ installée à Rotterdam. Elle conçoit des identités graphiques, des publications et des affiches dans lesquelles les caractères typographiques occupent souvent autant d’espace que les illustrations. Elle décrit elle-même son univers comme une approche rêveuse des formes, des lettres, des rythmes et des palettes très colorées, nourrie notamment par le graphisme des années 1980. Son travail circule volontairement entre techniques numériques et analogiques. Elle est également membre de Riso Wizards, un studio et collectif d’édition risographique lié à Hocus Bogus Publishing à Rotterdam.

Le mot rythme n’est pas anodin. Il apparaît dans la répétition des lettres, dans l’alternance des couleurs et dans la manière dont les formes semblent parfois rebondir à l’intérieur de la page. Son activité de DJ et sa pratique graphique ne sont pas présentées comme deux univers totalement séparés. Ses affiches accompagnent régulièrement des concerts, festivals et soirées de la scène culturelle rotterdamoise ; le mur d’affiches risographiées de Roodkapje conserve plusieurs de ses créations destinées à des événements musicaux et artistiques.

Chez elle, une affiche ne se contente donc pas d’annoncer une date. Elle doit déjà contenir une partie de l’énergie de l’événement : un contraste fort, une typographie qui occupe physiquement la surface, une forme qui semble vibrer ou une couleur fluorescente impossible à confondre avec une impression de bureau.

La risographie convient particulièrement bien à cette recherche. C’est une technique de reproduction, mais elle produit rarement une image parfaitement sage.

 

La risographie n’est pas une imprimante couleur ordinaire

Une Risograph ressemble extérieurement à un imposant photocopieur. Son fonctionnement est pourtant plus proche de celui d’un duplicateur à pochoir.

La machine crée d’abord un master, une matrice très fine perforée selon l’image à imprimer. Ce master vient s’enrouler autour d’un tambour rempli d’encre. Lorsque le papier passe sous celui-ci, l’encre traverse les zones ouvertes de la matrice et se dépose sur la feuille. Pour obtenir plusieurs couleurs, il faut généralement séparer le fichier en différentes couches, puis imprimer chaque encre successivement avec le tambour correspondant. Les machines RISO utilisent notamment des encres contenant de l’huile de soja, et certains modèles proposent plusieurs dizaines de couleurs, dont des teintes fluorescentes particulièrement difficiles à restituer sur un écran.

Une illustration rose et bleue ne sort donc pas de la machine en une seule fois comme sur une imprimante jet d’encre. Le bleu est imprimé, le papier repasse dans la machine, puis le rose vient se superposer. Là où les deux couches se rencontrent, une troisième nuance peut apparaître.

Cette séparation oblige à penser autrement.

Il ne suffit pas de choisir une couleur dans une palette numérique. Il faut décider quelles formes appartiendront à chaque passage, anticiper les transparences, tenir compte de la couleur du papier et accepter qu’un léger décalage se produise parfois entre les couches. L’encre reste également sensible au toucher pendant son séchage et se comporte différemment selon le papier utilisé.

Ce que l’impression industrielle considérerait comme une imprécision devient une partie du langage visuel.

Mais il serait réducteur de résumer la riso à ses « jolies imperfections ». Les décalages ne produisent pas automatiquement une bonne image. La liberté de la technique repose sur une préparation très précise : séparation des couleurs, réglage des densités, choix du papier, ordre des passages et essais successifs.

La machine crée des accidents, mais l’artiste doit leur préparer un terrain intéressant.

 

  

Faire de la contrainte le sujet de l’image

Cette relation entre précision et imprévisibilité apparaît très clairement dans Gridded Behavior, un court métrage réalisé par Iris van Velzen avec Mirte Kort. Le film mêle animations numériques et séquences produites par risographie analogique. Son motif central est la grille, utilisée comme représentation d’une structure de pouvoir destinée à organiser et contrôler les individus et leur environnement. Face à elle, des formes naturelles ou organiques se déplacent selon leurs propres directions. Les artistes explorent ainsi la tension entre les systèmes imposés, les règles de conception et la confiance accordée à l’instinct.

La technique choisie ne sert pas simplement à rendre le film plus coloré.

La risographie fonctionne elle-même à partir de règles très strictes. Chaque image doit être organisée, séparée et replacée dans une succession. Les cadres de l’animation forment une grille. Les couleurs passent dans un ordre déterminé. Pourtant, les encres débordent légèrement, les superpositions produisent des nuances inattendues et les formes semblent échapper peu à peu à la structure qui devait les contenir.

Le procédé rejoue donc physiquement le sujet du film.

Une animation entièrement numérique aurait pu représenter la même opposition entre grille et mouvement organique. La riso ajoute une autre couche : même lorsqu’un système est parfaitement préparé, la matière ne lui obéit jamais de façon totalement invisible.

Le papier bouge.

L’encre se diffuse.

Deux couleurs ne se rencontrent pas exactement comme prévu.

La machine possède son propre comportement.

Cette cohérence entre le fond et la technique est ce qui distingue l’utilisation de la riso comme simple esthétique de son utilisation comme véritable médium artistique.

 


 

 

Imprimer une animation image par image

Une animation est généralement pensée pour disparaître en tant que suite d’images séparées. Lorsque nous la regardons, les photogrammes défilent suffisamment vite pour que notre œil perçoive un mouvement continu. Nous ne sommes pas censés nous arrêter sur chacun d’eux.

L’impression les rend à nouveau visibles.

Sur les planches de travail de Gridded Behavior, les étapes du mouvement sont disposées côte à côte. Nous pouvons observer la façon dont une forme se déplace d’une case à l’autre, hésite, se disperse ou quitte le cadre. Le temps devient une composition graphique.

Dans les séquences analogiques, chaque image porte aussi les caractéristiques de l’impression réelle. Même lorsque le fichier de départ est parfaitement régulier, la matière introduit de minuscules différences. Une couleur se dépose plus fortement, un contour se déplace légèrement ou une superposition change d’une feuille à la suivante. Une fois les images numérisées et replacées dans l’ordre, ces variations produisent un frémissement.

Le mouvement ne vient plus uniquement du déplacement dessiné.

Il vient aussi du papier et de l’encre.

C’est une manière assez fascinante de réintroduire de la matière dans l’animation numérique. Nous avons pris l’habitude de voir des logiciels reproduire les textures du papier, la trame de l’impression, les rayures d’une pellicule ou les défauts d’une photocopie. Droom.iris effectue le trajet inverse : elle part d’une composition qui peut être conçue à l’écran, la soumet à une véritable impression, puis réintègre le résultat dans un film.

Le processus est plus lent, plus coûteux en essais et moins contrôlable.

Il produit également quelque chose qu’une texture ajoutée en un clic ne peut pas entièrement simuler : les conséquences d’une matière qui a réellement été manipulée.

 

La riso ne reste pas toujours à l’intérieur de la feuille

Le travail de Droom.iris montre aussi que la risographie n’est pas condamnée au format du poster ou du petit fanzine.

Pour l’installation Glad to See You, réalisée avec Douwe Halbertsma, la riso recouvre les murs et le plafond. Le projet associe un papier peint imprimé en vert et en rose fluorescent à des sculptures. Les deux couleurs sont utilisées pour étudier leurs mélanges et l’apparition de nouvelles formes dans les zones de superposition.

L’échelle change complètement notre rapport à l’impression.

Une feuille tenue dans les mains permet d’observer la trame, les encres et les petits décalages. Lorsque les mêmes principes couvrent une pièce, le visiteur entre à l’intérieur de la composition. Le motif n’est plus encadré par le papier : il devient l’environnement.

Cette utilisation révèle un aspect essentiel de la riso. Elle a été conçue pour reproduire rapidement une même image en plusieurs exemplaires. Cette répétition, souvent envisagée comme une fonction pratique, peut devenir une matière artistique. Plusieurs feuilles assemblées forment un décor, une fresque ou une surface architecturale. Le module imprimé se répète jusqu’à faire oublier la taille initiale de la machine.

La riso reste une technique de série, mais la série ne signifie plus seulement que l’on pourra vendre cinquante exemplaires d’une affiche.

Elle permet de construire plus grand.

 

Une palette réduite qui produit des images très riches

Le travail de Droom.iris utilise volontiers les bleus intenses, les roses fluorescents, les rouges, les verts et les contrastes francs. Ce choix rejoint l’influence revendiquée du graphisme des années 1980, mais il découle également de la logique même de la risographie.

Une impression riso comporte souvent peu d’encres. Deux couleurs peuvent déjà demander deux préparations, deux masters et deux passages. Cette restriction pousse à exploiter pleinement les superpositions plutôt qu’à multiplier les nuances prêtes à l’emploi.

Dans son affiche pour les groupes rotterdamois Das Matterhorn et Thrilled, Iris van Velzen utilise seulement le bleu et le noir, en s’inspirant des formes de la montagne et de la glace. Pour une affiche de fête d’atelier, elle travaille en rose fluorescent et rouge. Une identité visuelle ne dépend donc pas d’une gamme infinie, mais de la relation très précise entre quelques couleurs, la typographie et la surface du papier.

Cette économie produit une énergie graphique particulière. Les couleurs ne cherchent pas à reproduire fidèlement le réel. Elles prennent une fonction : séparer, attirer, recouvrir, faire apparaître ou perturber la lecture.

Une ombre n’a pas besoin d’être grise.

Un visage n’a pas besoin d’être couleur chair.

Une forme peut changer complètement lorsqu’elle rencontre une autre couche d’encre.

La limitation devient une invitation à construire la couleur plutôt qu’à simplement la sélectionner.

 


 

 

Typographie, formes et couleurs ne sont jamais séparées

Iris van Velzen est présentée par Cross Comix comme une véritable passionnée de lettres. Sa pratique explore les règles, les systèmes et les grilles pour mieux les déplacer dans la typographie, le dessin de caractères, l’impression et les publications.

Cette relation aux lettres apparaît dans des affiches où le texte ne reste pas posé au-dessus d’une illustration. Il devient lui-même une forme, parfois presque un personnage.

Une lettre peut être étirée, répétée, inclinée ou enfermée dans un cadre. Le mot produit un mouvement avant même d’être lu. La riso renforce cette présence physique : l’encre n’est pas seulement une information noire parfaitement nette, elle possède une densité, une couleur et parfois un léger chevauchement avec les autres éléments.

Le texte et l’image cessent donc d’occuper deux zones distinctes.

Cette manière de travailler est particulièrement visible dans les identités graphiques d’événements. Pour So Happy Together, une série de rencontres organisées à Roodkapje autour de la collectivité, de l’hospitalité et de la vie en communauté, Droom.iris conçoit une identité imprimée en riso. Le dispositif ne sert pas seulement à annoncer le programme : il donne une forme commune à plusieurs événements consacrés au fait d’être ensemble.

Pour le festival Vulvaverse, elle développe également une identité destinée à un univers musical et militant, centré sur l’expression, l’autonomie corporelle et la mise en avant d’artistes et d’intervenants marginalisés. La force des formes et des typographies répond ici à une programmation qui assume le bruit, les émotions et la prise de parole.

La riso devient un outil de rassemblement visuel : affiches, programmes et publications permettent de reconnaître un projet, mais aussi d’en percevoir l’attitude avant d’en avoir lu tous les détails.

 

Une machine de bureau devenue outil d’édition indépendante

La Risograph n’a pas été inventée pour les écoles d’art. Elle était destinée à reproduire rapidement des documents en série, notamment pour les établissements scolaires, les associations, les administrations et les organisations ayant besoin de nombreux exemplaires à un coût raisonnable. La simplicité de son système à tambour et à pochoir lui permet d’imprimer très vite une fois le master créé. Elle a ensuite été adoptée par les illustrateurs, graphistes et microéditeurs, notamment pour les affiches, les bandes dessinées et les zines.

Cette histoire explique en partie sa place dans le travail de Droom.iris.

La machine rend possible une forme d’édition située entre la pièce unique et la production industrielle. Un artiste peut réaliser une petite série de publications ou d’affiches sans commander plusieurs milliers d’exemplaires. Il garde la main sur les couleurs, les essais, le papier et parfois l’ensemble du processus d’impression.

Droom.iris utilise la riso comme médium principal dans son travail d’autoédition et participe aux Riso Wizards, un studio animé par trois artistes à Rotterdam. Elle transmet également ces pratiques lors d’ateliers, dont un workshop consacré à la risographie et un atelier de mini-zine utilisant des archives lors du festival Cross Comix.

La riso n’est donc pas uniquement un rendu visuel reconnaissable.

Elle organise une manière de produire et de partager : imprimer localement, travailler en petite série, assembler soi-même une publication, collaborer avec d’autres artistes et transmettre le fonctionnement de la machine.

L’objet final reste important, mais le réseau construit autour de sa fabrication l’est tout autant.

 

L’esthétique de la riso est devenue si populaire qu’elle peut perdre sa matière

Les couleurs fluorescentes, les trames visibles et les décalages d’impression sont aujourd’hui facilement reconnaissables. Des logiciels, filtres et banques de textures permettent d’en reproduire l’apparence sans qu’aucune feuille ne passe dans une Risograph.

Cette démocratisation n’a rien de problématique en elle-même. Tout le monde n’a pas accès à une machine, à ses tambours ni à un atelier d’impression. Simuler le rendu peut être une façon de découvrir son vocabulaire graphique.

Mais le travail de Droom.iris rappelle ce qui disparaît lorsque la riso devient seulement un style numérique.

Il ne reste plus à attendre que l’encre sèche. Il n’est plus nécessaire de séparer les couches ni de décider quel passage produira quelle couleur. Le décalage peut être ajouté, supprimé ou corrigé instantanément. Une teinte fluorescente est visible à l’écran, mais elle ne produit pas réellement cette intensité presque lumineuse sur le papier.

Surtout, la technique ne peut plus résister.

Une texture numérique fait ce qu’on lui demande. La machine réelle oblige à négocier.

C’est précisément cette négociation qui semble intéresser Iris van Velzen. Son travail confronte régulièrement les systèmes à ce qui leur échappe : la grille et l’instinct, le numérique et l’analogique, la répétition et la variation, la machine et la trace humaine.

La riso n’illustre pas cette tension.

Elle la fabrique.

 

Ce que son travail peut apprendre à nos propres pratiques créatives

Nous ne possédons pas tous une Risograph, mais plusieurs principes du travail de Droom.iris peuvent être transposés dans un atelier beaucoup plus modeste.

Le premier consiste à ne pas attendre d’avoir toutes les couleurs pour commencer. Choisir deux teintes et chercher ce qu’elles peuvent produire ensemble conduit souvent à une composition plus forte qu’une palette trop large. En collage, en broderie, en linogravure ou en peinture, les zones de chevauchement peuvent devenir une troisième matière.

Le deuxième consiste à travailler en série. Une forme répétée n’a pas besoin de rester identique. Elle peut tourner, grandir, se déformer ou quitter progressivement la page. Une succession de petits dessins devient alors presque une animation manuelle, même si elle n’est jamais filmée.

Le troisième consiste à laisser la technique participer à l’idée. Un papier très absorbant, une impression légèrement décalée, une couture visible ou une couleur qui se mélange ne sont pas forcément des problèmes à masquer. Ils peuvent devenir pertinents lorsqu’ils répondent au sujet du projet.

Enfin, son travail montre l’intérêt de faire circuler une création d’un médium à l’autre. Un dessin numérique peut être imprimé, découpé, photographié puis animé. Un motif sur papier peut couvrir un mur. Une affiche peut devenir la première pièce d’une identité, puis se prolonger dans un programme, un vêtement ou une installation.

 

Quand l’impression ne fixe plus l’image

Nous parlons souvent d’« imprimer » pour désigner le moment où une création prend sa forme définitive. Une fois le fichier envoyé, l’image serait terminée, fixée sur le papier et prête à circuler.

Droom.iris utilise la risographie d’une manière presque opposée.

L’impression peut devenir une étape intermédiaire dans une animation. Une feuille peut être répétée jusqu’à couvrir une pièce. Une couleur imprimée peut en créer une autre en rencontrant la couche suivante. Une affiche peut constituer le premier fragment d’un univers destiné à évoluer pendant plusieurs événements.

Le papier n’arrête pas l’image.

Il lui donne un corps avec lequel elle pourra continuer à bouger.

C’est peut-être ce qui rend son travail si actuel. Nous vivons entourés d’images parfaitement lisses, modifiables et reproductibles sans perte apparente. En les faisant repasser par une machine, de l’encre et des feuilles réelles, Droom.iris ne cherche pas simplement à leur donner un charme rétro.

Elle leur redonne des conséquences.

Une couche recouvre la précédente. Un déplacement reste visible. Une couleur ne peut pas être entièrement annulée. Le temps nécessaire à l’impression s’inscrit dans l’œuvre, y compris lorsque celle-ci revient ensuite sur un écran.

La risographie avait été conçue pour reproduire une image très vite.

Entre les mains de Droom.iris, elle devient une manière de ralentir suffisamment pour observer comment l’image se construit, se répète et commence finalement à bouger.

 

Et vous, quelle création numérique aimeriez-vous faire repasser par le papier pour voir ce que la matière changerait ?

 

A très vite !  

Caroline

 

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